Vieille ville d'Annecy : canaux, ruelles et itinéraire
La vieille ville d’Annecy se confond avec son image : des maisons colorées posées sur l’eau, un palais en forme de galère, des arcades qui sentent le fromage et le savon. Elle porte un nom plus ancien que la ville actuelle, Boutae puis Annecy-le-Neuf puis le Vieil Annecy, et elle ne doit surtout pas être confondue avec la commune déléguée d’Annecy-le-Vieux, située sur les hauteurs. Trente minutes de marche suffisent à en faire le tour ; deux ou trois heures si l’on entre dans les musées.
Un triangle entre deux eaux
Tout part du Thiou, l’exutoire du lac, qui traverse la ville avant de rejoindre le Fier. En ville, le cours d’eau se divise et alimente les canaux, dont celui du Vassé, ce qui explique la forme étrange du quartier : des îles, des ponts, des maisons dont les façades plongent dans l’eau. Les artisans du Moyen Âge s’étaient installés là pour la force motrice, moulins, tanneries et ateliers au fil de l’eau. C’est ce décor qui a valu à Annecy son surnom de Venise des Alpes.
Cette densité patrimoniale est reconnue : la ville est labellisée Ville d’Art et d’Histoire depuis 2004, distinction renouvelée en 2014, et compte 28 monuments inscrits ou classés au titre des monuments historiques d’après la Ville d’Annecy.
Le Palais de l’Île et le Château
Ce sont les deux monuments qu’on vient voir, et ils se répondent du haut et du bas.
Le Palais de l’Île, construit sur une île rocheuse naturelle, a d’abord été une modeste maison forte citée en 1325 comme prison. Il a ensuite servi d’atelier monétaire pour les comtes de Genève, de palais de justice, puis de prison jusqu’en 1864, avant de devenir un asile de vieillards et même un gymnase. Un projet de démolition, à la fin du 19e siècle, a provoqué une levée de boucliers : le 16 février 1900, le bâtiment est classé monument historique, et la dernière campagne de restauration date de 1983-1985. Il abrite aujourd’hui le centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, avec les cachots de l’ancienne prison. Ouvert tous les jours sauf le mardi ; du 1er octobre au 31 mai, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30, jusqu’à 18 h du 1er juin au 30 septembre. Libre et gratuit le premier dimanche du mois, d’octobre à mai.
Le Château, construit par les comtes de Genève pour protéger la ville neuve, a été racheté par la Savoie en 1401 puis transformé en résidence des ducs de Genevois-Nemours au 16e siècle. Il est classé monument historique depuis 1959, et sa tour de la Reine, du 13e siècle, est la partie la plus ancienne. La commune l’a racheté en 1953 pour le sauver ; il accueille depuis le Musée-Château et l’Observatoire régional des lacs alpins. Même rythme que le Palais de l’Île : fermé le mardi, gratuit le premier dimanche du mois d’octobre à mai, 6,50 € en tarif plein hors juillet-août et 7 € en été.
La montée au château se mérite : la pente est raide depuis la vieille ville, et c’est ce qui laisse le parvis presque vide au petit matin.
Deux églises, deux histoires
L’église Saint-Maurice est l’ancienne chapelle du couvent des Dominicains, voulue par le cardinal Jean de Brogny et engagée en 1422, achevée au début du 16e siècle. Elle est devenue l’église paroissiale au début du 19e siècle, après avoir servi de marché aux grains puis d’écurie sous la Révolution. Elle est ouverte tous les jours et l’entrée est gratuite : la peinture funéraire du tombeau de Philibert de Monthoux, au milieu du 15e siècle, justifie à elle seule le détour.
La cathédrale Saint-Pierre a une autre trajectoire. Construite entre 1535 et 1538 comme église du couvent des Cordeliers, elle accueille dès 1538 les évêques de Genève chassés par la Réforme, avant de devenir cathédrale du diocèse d’Annecy en 1822. Sa façade, gothique par sa rose mais Renaissance par ses pilastres, surprend au milieu des ruelles. Visite libre et gratuite.
Plus haut, la basilique de la Visitation domine la ville et termine la perspective depuis le lac. Elle se rejoint à pied ou en voiture, et se visite dans la même sortie que le château si l’on a de bonnes jambes.
Les rues à ne pas traverser trop vite
La rue Sainte-Claire est l’axe commerçant de la vieille ville, avec ses arcades et ses façades décorées. La place Sainte-Claire accueille le marché, juste devant l’église Saint-Maurice. Le quai de l’Évêché, sur l’autre rive, donne la vue la plus photographiée du Palais de l’Île. Le quai Perrière aligne les terrasses le long du canal, et le pont de la Halle offre un point de vue sur les deux rives à la fois. Ajoutez les ruelles piétonnes autour de la rue Jean-Jacques Rousseau et l’entrée des Jardins de l’Europe par le pont des Amours, à la sortie du canal du Vassé, pour fermer la boucle.
Un itinéraire d’une demi-journée
Le tracé qui fonctionne : Jardins de l’Europe, pont des Amours, quai de l’Évêché pour la photo du Palais de l’Île, Palais de l’Île et son parcours sur l’architecture, rue Sainte-Claire sous les arcades, place Sainte-Claire, montée au Château et au musée, redescente par la vieille ville, quai Perrière et pont de la Halle, puis retour par le canal du Vassé. Comptez une heure trente sans les musées, trois heures avec.
Les marchés du quartier
Ils font partie du décor au même titre que les canaux. Le marché alimentaire de la vieille ville se tient le mardi, le vendredi et le dimanche à partir de 6 h, avec des produits manufacturés les vendredi et dimanche, sur la place Sainte-Claire, la rue Sainte-Claire, le quai de l’Évêché et les rues voisines. La foire à la brocante, le marché de l’art et le marché des créateurs ont lieu le dernier samedi de chaque mois. Le détail réglementaire est publié dans le règlement des marchés de plein air de la Ville.
En pratique
La vieille ville est piétonne et pavée : venez à pied depuis la gare, à moins de quinze minutes de marche, ou en bus, et laissez la voiture dans les parkings en lisière du centre, dont le stationnement est saturé les jours de marché. Les ruelles montent vers le château, prévoyez des chaussures plates. Le matin tôt reste le meilleur créneau, surtout en juillet et en août, où la fréquentation grimpe dès 10 h.
Pour la suite du séjour, voyez ce qu’il y a à faire à Annecy dans notre page que faire à Annecy, les chiffres et les rives sur la page du lac, et les balades plus larges dans Patrimoine et balades à Annecy. L’histoire de la ville, du Vieil Annecy à la fusion des six communes, est racontée dans Histoire d’Annecy.
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