Bateaux et croisières à Annecy : naviguer sur le lac
Peu de villes offrent une croisière à cent mètres de leur vieille ville. À Annecy, les bateaux s’amarrent dans le canal du Thiou, entre les maisons à arcades, et l’embarquement se fait quai Bayreuth ou quai Napoléon III, à deux pas des restaurants. Pour le reste, entre ceux qui promènent et ceux qui louent, il faut savoir ce que la loi du lac autorise.
Croisières : deux compagnies, deux styles
La Compagnie des Bateaux du lac d’Annecy est la plus installée, avec cinq unités. Sa croisière découverte dure une heure, sans escale, dans le Grand Lac, et elle est commentée en français par les capitaines et matelots, avec des commentaires en anglais, néerlandais, espagnol et italien accessibles par QR code à bord. Elle circule du 1er mars au 30 novembre au départ du quai Bayreuth, embarquement quinze minutes avant. Les formules plus longues durent une heure trente et comportent une escale, et une croisière restaurant de deux heures se tient à bord du Libellule, seul bateau restaurant du lac, avec deux salles panoramiques et une capacité de 25 à 250 couverts. La flotte comprend aussi le Cygne, jusqu’à 197 personnes, et les trois vedettes Allobroge, Belle-Etoile et Savoie, 148 places chacune.
Face à elle, Croisières des Alpes joue une autre carte, celle du bateau ancien. Son navire amiral, l’Arcalod, embarque 50 passagers pour un grand circuit commenté. Quatre vedettes en bois des années 1930, dix à douze passagers chacune, font le circuit court. Les départs se font aux Jardins de l’Europe, quai Napoléon III, et la compagnie demande de se présenter quinze minutes avant l’heure, en précisant que les horaires fluctuent selon l’affluence et la météo. Deux approches, deux budgets : la vedette en bois, c’est l’odeur du vernis et le bruit du moteur, le grand bateau, c’est le pont supérieur et la vue dégagée.
La navette des ports
Le service le plus utile aux randonneurs et aux cyclistes reste la navette lacustre Navibus, qui relie les ports du tour du lac et permet de rentrer à Annecy sans refaire la boucle. En 2026, elle a fonctionné du 5 mai au 5 juillet les mardi, mercredi, vendredi et dimanche, avec deux passages par jour dans chaque port, puis trois passages tous les jours du 6 juillet au 28 août, avant de revenir au rythme de deux passages du 29 août au 20 septembre. Un aller-retour représente 2 h 20 de navigation. La compagnie recommande de réserver en ligne, sachant que les billets se vendent aussi à sa billetterie du quai Bayreuth, à l’office de tourisme d’Annecy et dans deux points d’information touristique du sud du lac.
Les escales
Les croisières avec escale permettent de descendre dans un village du pourtour et de reprendre un bateau plus tard, tandis que le Navibus fonctionne par arrêts courts, le temps de traverser un bourg. Les embarcadères publics du tour du lac structurent ce réseau, et le règlement préfectoral cite explicitement les débarcadères de Duingt et de Talloires. La liste des escales et les horaires changent chaque saison : ils sont repris dans notre agenda.
Naviguer soi-même : le règlement
Le lac d’Annecy n’est pas une eau libre. La navigation y est encadrée par un règlement particulier de police pris par le préfet, dont la version consolidée est publiée par les services de l’État. Trois règles suffisent à comprendre l’esprit du texte.
D’abord la bande de rive, matérialisée par des bouées coniques jaunes. On y navigue exclusivement perpendiculairement à la rive, pour gagner le large ou pour accoster, et la vitesse y est plafonnée à 5 km/h. Seuls les bateaux non motorisés, les bateaux de 10 CV et moins en action de pêche, les bateaux de sécurité en encadrement, les pêcheurs professionnels licenciés et les embarcations du SILA échappent à cette règle de trajectoire.
Ensuite la vitesse. Hors de la bande de rive, elle est limitée à 50 km/h le jour et 25 km/h la nuit, et à 20 km/h pour les bateaux de location, ce que le règlement appelle le nolisage. Autrement dit, une coque de location ne vous rendra pas plus rapide qu’une autre.
Enfin les zones de baignade, balisées de bouées sphériques jaunes : toute navigation y est interdite du 30 avril au 1er octobre. En été, la nage est prioritaire, point.
Mouillage, roselières et zones à éviter
C’est le chapitre le plus méconnu du règlement, parce que l’eau semble partout libre. Le stationnement par ancrage est ainsi interdit dans le canal du Thiou, dans les zones de protection de la végétation lacustre émergée et à moins de 50 m du front des roselières, dans les herbiers visibles depuis la surface, dans les omblières du 15 octobre au 30 mars, dans le stade nautique de Sevrier quand les pavillons sont hissés, et sur les sites archéologiques immergés. De nuit, on ne stationne pas en dehors de la bande de rive.
Pour les roselières, la protection est un couloir, pas un point : la zone interdite englobe la végétation, l’espace entre la végétation de berge et les pieux qui la protègent, et une bande de 50 m autour. Tout accès y est interdit, baignade et plongée comprises, sauf pour desservir un ponton, une mise à l’eau ou un mouillage autorisé, et toujours perpendiculairement à la rive. Il est évidemment interdit de monter sur les pieux.
L’amarrage, lui, n’est autorisé qu’à un mouillage autorisé par l’État, à un mouillage collectif d’une collectivité, ou, pour les bateaux à passagers, à un pieu autorisé à l’exploitant. Le lac compte plus de 1 200 mouillages autour du pourtour, et depuis 2013, des mouillages dits écologiques évitent d’arracher les herbiers avec l’ancre, comme nous le détaillons dans notre page sur le lac d’Annecy.
Deux contraintes de saison, encore. Dans le petit lac, un bateau à moteur de plus de 10 CV ne peut pas descendre au sud de la ligne Duingt-Talloires du 30 novembre au 1er mars. Et les gros bateaux à passagers, ceux de plus de douze personnes, ne peuvent pas naviguer dans la bande de rive ni à moins de 100 m de sa limite, sauf pour desservir un débarcadère public : ils ralentissent à 25 km/h au sud de la ligne des prises d’eau de la Puya et de la Tour, et à 20 km/h au nord.
Le lac a ses signaux propres : des feux à éclats annoncent un avis de prudence quand le vent dépasse 50 km/h, un avis de danger ou de tempête au-delà de 70 km/h. La nuit, la navigation est interdite en dehors de la bande de rive, et les pratiquants de planche, de paddle ou de kayak doivent porter un gilet de flottabilité et un moyen de repérage lumineux.
Louer un bateau
La location de bateaux sans permis est la porte d’entrée la plus simple, et elle s’est électrifiée. Les loueurs du pourtour proposent des unités homologuées pour six places, silencieuses, avec taud de protection, échelle de bain, gilets de sauvetage, et parfois un accès aménagé pour les personnes à mobilité réduite. Les tarifs relevés sur les sites des loueurs le 23 septembre 2026 vont d’environ 50 € la demi-heure à 110 ou 115 € pour une heure trente, avec arrivée un quart d’heure avant et consignes de sécurité à quai. À côté de cela, l’offre classique du lac reste le paddle, le pédalo, le canoë-kayak, et les écoles de ski nautique et de wakeboard du sud du lac.
Plutôt qu’une liste de loueurs et de tarifs, qui bouge chaque saison, nous renvoyons au site de l’office de tourisme du lac d’Annecy, qui centralise les prestations réservables.
En pratique
L’embarquement se fait au pied de la vieille ville, ce qui rend la formule facile à combiner avec une journée de visite : croisière le matin, quais l’après-midi. Les soirs de la Fête du lac, c’est le lac lui-même qui devient la scène, dans la baie d’Albigny. Pour l’organisation du séjour, voyez notre que faire à Annecy, notre sélection d’hôtels et de restaurants et la rubrique vie pratique.
Le texte de référence est le règlement particulier de police de la navigation sur le lac d’Annecy, version consolidée publiée par la préfecture de Haute-Savoie, complété par les arrêtés municipaux sur les rives et par les informations du SILA, le syndicat mixte qui gère le lac.
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