Histoire d'Annecy, de Boutae au comté de Genève
Avant d’être une préfecture, Annecy a été une ville romaine, puis la capitale d’un comté, puis un bastion catholique face à Genève. Le fil est long, et il commence en plaine, pas sur la colline.
Boutae, la ville d’en bas
Les Romains s’installent dans la plaine des Fins, sur la route qui relie Genève à l’Italie. Le vicus s’appelle Boutae. Il prospère du premier siècle jusqu’au milieu du troisième : on y a retrouvé une place publique assimilable à un forum, une basilique, des temples, des thermes et un théâtre, ainsi que des céramiques et des amphores venues de Bétique, d’Espagne ou de Maurétanie. Une vraie petite ville, avec son commerce et ses importations.
Le repli sur la colline
L’insécurité des derniers siècles romains pousse les habitants à quitter la plaine pour les hauteurs. Un domaine agricole occupe le coteau d’Annecy-le-Vieux aux septième et huitième siècles, entre dans le domaine royal au siècle suivant, et le nom apparaît sous la forme Anesciacum au neuvième siècle. Il faut attendre 1107 pour que renaisse Annecy-le-Neuf, sur les rives du Thiou, au pied d’une tour de défense élevée sur le dernier contrefort du Semnoz. Le texte de 1107 mentionne aussi une première église Saint-Maurice sous le château.
Les comtes de Genève
En 1132, une maison forte est édifiée sur l’île, au milieu du Thiou : c’est l’origine du palais de l’Isle, devenu l’emblème de la ville. La première mention connue du château date du 10 octobre 1219, quand la maison de Genève s’y installe comme résidence principale, chassée de Genève par la souveraineté de son prince-évêque. Annecy devient la capitale du comté. Les franchises de la ville sont confirmées en 1367, sous le long règne d’Amédée III de Genève.
Le château brûle entièrement le 27 avril 1340 et il est reconstruit à l’identique par le comte Amédée III, puis remanié à plusieurs reprises par les ducs de Savoie. Robert de Genève, né au château en 1342, est élu pape à Avignon le 20 septembre 1378 sous le nom de Clément VII, celui qui déclenche le Grand Schisme d’Occident. À sa mort, en 1394, le château passe de main en main avant d’être cédé le 5 août 1401 au comte de Savoie Amédée VIII. En 1434, l’apanage de Genevois et Faucigny est créé au profit du fils cadet du duc, et Annecy en devient de nouveau la capitale.
La Contre-Réforme
En 1536, la Réforme calviniste s’installe à Genève. Annecy devient alors le refuge de l’évêque de Genève et le bastion catholique de la région, où travaille François de Sales. La ville change de fonction : elle n’est plus seulement un carrefour comtal, elle devient un centre religieux et administratif qui façonne les institutions, les couvents et les maisons du centre ancien.
1860 et l’industrialisation
Le traité de Turin, en 1860, rattache la Savoie à la France. Annecy devient chef-lieu de la Haute-Savoie. Les canaux du Vassé, de Saint-Dominique et du Thiou, qui servaient jusque-là à protéger la Venise des Alpes, alimentent désormais l’artisanat textile, la papeterie et les industries du vingtième siècle.
2017, la fusion
Le 1er janvier 2017, Annecy fusionne avec Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod pour former la commune nouvelle d’Annecy, qui dépasse les 130 000 habitants et devient la plus peuplée de France dans sa catégorie. Les anciennes communes sont devenues communes déléguées, et leurs noms restent ceux des quartiers, des rues, des écoles et des équipements.
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