Camping à Annecy : camper au bord du lac, règles et saison

Emplacements, caravanes et mobil-homes dans un camping de la rive ouest du lac d'Annecy
Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Dormir sous tente au bord du lac d’Annecy n’a rien d’un plan de secours. C’est même la seule façon de se réveiller à quelques dizaines de mètres de l’eau sans payer une chambre avec vue. L’agglomération compte 23 terrains pour 2 106 emplacements, du pré nu au mobil-home quatre étoiles. À une condition, et elle est sérieuse : le lac est un domaine public protégé, où le mouillage s’autorise et où les roseaux ne se traversent pas.

Ce que pèse l’hôtellerie de plein air

L’Insee recense, au 1er janvier 2026, 9 terrains trois étoiles (1 136 emplacements), 2 quatre étoiles (299), 2 deux étoiles (182), 1 une étoile (89) et 9 terrains non classés (400 emplacements). Le parc de l’arrondissement d’Annecy, plus large, monte à 44 terrains et 4 711 emplacements. Ces chiffres ne portent que sur les terrains de plus de dix emplacements, campings résidentiels inclus. Deux constats : le cinq étoiles n’existe pas dans l’agglomération, et l’essentiel de l’offre se joue en trois étoiles ou sans classement du tout.

La France reste le premier pays de camping en Europe, avec 7 460 terrains et 29,3 % du parc européen, rappelle la direction générale des Entreprises. Sur ce marché, Annecy tient un rôle particulier : le camping y est moins un village de vacances qu’une base pour randonner, pédaler et se baigner.

Emplacement nu, locatif, résidentiel

Deux formules cohabitent, et elles ne se remplissent pas au même moment. L’emplacement nu se loue à la tente, à la caravane ou au camping-car : vous apportez votre installation, vous choisissez vos dates, et vous payez souvent à la nuit. Le locatif, mobil-home ou habitation légère de loisirs, se réserve à la semaine ou au week-end et se concentre sur la haute saison. Une troisième catégorie, le camping résidentiel, abrite des hébergements occupés longtemps par les mêmes propriétaires : ces terrains affichent des allées de mobil-homes et peu d’emplacements libres.

Conséquence pour qui cherche une place en juillet : le locatif part des mois à l’avance, alors qu’un emplacement nu se trouve encore, notamment dans les terrains de la rive ouest, plus vastes et moins centraux.

Ce qu’un terrain doit respecter

Un camping ne s’installe pas où il veut. Un terrain aménagé se définit par plus de six emplacements ou plus de vingt personnes, et sa création comme son extension passent par une autorisation d’urbanisme, le permis d’aménager, délivrée par la mairie. Le classement, de une à cinq étoiles, relève d’Atout France et d’un contrôle tous les cinq ans ; si le nombre d’emplacements exploités augmente de plus de 10 %, une nouvelle demande de classement est exigée.

Les aires naturelles, classées sans étoile, suivent un régime à part : elles accueillent uniquement tentes, caravanes et autocaravanes, sans habitation légère ni résidence mobile, se limitent à une par unité foncière et ne peuvent exploiter plus de six mois par an, continus ou non. Tous les terrains, y compris ces aires, doivent afficher un règlement intérieur conforme à un modèle arrêté par le ministère du Tourisme : horaires, circulation, sécurité, et les horaires de piscine que tout le monde connaît par cœur.

Le lac n’est pas une annexe du camping

Le lac d’Annecy appartient au domaine public fluvial de l’État. Le préfet de Haute-Savoie y est l’autorité de police, et c’est l’État qui délivre les autorisations d’occupation temporaire, dont celles des mouillages. Le SILA, syndicat mixte né de la lutte contre la pollution, s’occupe de la protection et de la restauration des milieux, entretient les débarcadères publics et a aménagé la voie verte et le sentier piétonnier. Plages et ports, eux, sont l’affaire des communes et des intercommunalités.

Pour un campeur, cela change trois choses. Le lac d’Annecy compte plus de 1 200 mouillages, sans compter ceux des ports, et les mouillages écologiques encouragés par le SILA avec l’État depuis 2009 visent à ne plus arracher les herbiers immergés : un bateau ne s’amarre pas à l’instinct. Avant toute mise à l’eau, le règlement particulier de police impose d’inspecter l’embarcation, de vidanger les espaces où l’eau peut stagner et de nettoyer les surfaces en contact avec le lac, la moule quagga ayant été détectée sur place en 2023. Et la baignade s’organise autour des plages définies par les communes, pas devant l’allée du terrain.

La zone des 50 mètres

C’est la règle que les campeurs découvrent en arrivant. Le règlement particulier de police de la navigation, repris en 2015, interdit l’accès des embarcations et de tous les usages à moins de 50 mètres du front des roselières, selon le SILA, qui y ajoute une consigne simple : ne pas couper ni dégrader la végétation lacustre. La même année, un arrêté préfectoral de protection de biotope a couvert les roselières du lac, et un périmètre de protection a été ajouté à la réserve naturelle du Bout du Lac, à Doussard, pour sa partie lacustre. Les roseaux ont reculé d’une centaine à une dizaine d’hectares au vingtième siècle ; ce sont eux qui servent de nurserie aux poissons et d’abri aux oiseaux, et qui filtrent l’eau.

Concrètement, depuis un terrain de la rive ouest : on ne pose pas sa serviette dans la roselière, on n’y jette pas d’ancre, et on sort du bateau au ponton. Les plages surveillées, elles, ont fonctionné du 4 juillet au 31 août en 2026, avec des horaires publiés par la Ville.

Où poser son camping-car

Annecy dispose d’une aire d’accueil et de service avenue des Marquisats : dix places, non surveillées, gratuites, stationnement limité à 24 heures, avec distribution d’eau potable et évacuation des eaux usées, l’eau étant coupée de décembre à mars, et sans électricité. L’aire se trouve à moins de 300 mètres du lac, ce qui en fait l’adresse la plus pratique de la ville pour une nuit de passage. La taxe de séjour y est due, à 0,60 € par personne majeure et par tranche de 24 heures, comme sur un emplacement classique.

Hors de cette aire, le stationnement nocturne des camping-cars dépend d’arrêtés municipaux, qui évoluent souvent : un appel à la mairie avant de s’installer évite une mauvaise surprise, parkings de supermarché compris.

La saison, de la fin mars à la mi-octobre

Le terrain municipal d’Annecy ouvre du 27 mars au 11 octobre 2026, avec un accueil tous les jours de 9 h à 13 h et de 15 h à 19 h. Les réservations se font au moins une semaine avant le séjour, avec un minimum de trois nuits en juillet et août, et de deux nuits le reste de la saison, précise le site officiel. Les aires naturelles, elles, ne peuvent exploiter plus de six mois par an.

Le rythme de la demande est connu : l’office de tourisme du lac d’Annecy a compté 909 000 nuitées entre le 26 avril et le 17 octobre 2025, en hausse de 6,2 % sur un an, avec un mois de juillet (255 000 nuitées) devant août (230 200). Pour un mobil-home en juillet, mieux vaut réserver en début d’année. La tente et la caravane gardent plus de latitude en mai, juin et septembre, quand les files d’attente se forment plutôt aux cales de mise à l’eau qu’à l’accueil.

Y aller sans voiture

Le réseau urbain Sibra aligne, selon l’office de tourisme, 19 lignes régulières urbaines, dont 3 lignes Rythmo toutes les 10 minutes, 7 lignes en soirée et 8 lignes le dimanche et les jours fériés, complétées par 6 lignes interurbaines et des lignes saisonnières. Les terrains de la rive ouest s’égrènent le long de l’axe Annecy-Doussard, que la voie verte double sur presque toute sa longueur : arriver avec son vélo évite de sortir la voiture pour chaque baignade.

En pratique

Pour comprendre le plan d’eau avant de choisir un emplacement, voyez notre page sur le lac d’Annecy, et pour remplir les journées, que faire à Annecy et les balades du patrimoine. Les soirs de Fête du lac, la baie se remplit dès l’après-midi. Si vous préférez une chambre, notre page où dormir et manger à Annecy détaille les quartiers, et la vie pratique rassemble les services de la ville.

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