Église Notre-Dame-de-Liesse d'Annecy : histoire, visite et objets classés
L’église Notre-Dame-de-Liesse occupe la place du même nom, à quelques dizaines de mètres du Palais de l’Île. Ce que l’on voit aujourd’hui date du milieu du XIXe siècle, mais l’édifice porte huit siècles d’histoire religieuse annécienne, et deux objets classés au titre des monuments historiques.
Un pèlerinage attesté dès le XIe siècle
Pour le diocèse d’Annecy, un pèlerinage marial est attesté dans cette église dès la fin du XIe siècle. Elle se trouvait alors hors des remparts, ce que rappelle son nom primitif : Notre-Dame de la Lée, autrement dit Notre-Dame du faubourg.
Au XIVe siècle, l’église est englobée dans l’enceinte de la ville. C’est à ce moment que l’antipape Clément VII fonde un jubilé septennal, les grands Pardons, célébré jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Benoît XIII érige ensuite l’église en collégiale et la dote d’un chapitre, qui veille sur le sanctuaire jusqu’à sa dissolution en 1793. Selon l’office de tourisme du lac d’Annecy, les comtes de Genève, fondateurs, y ont aussi installé leurs sépultures.
Le Saint-Suaire exposé en 1566
En juillet 1566, le Saint-Suaire, conservé à Turin mais autrefois à la Sainte-Chapelle de Chambéry, est exposé dans l’église. Une Annécienne, Françoise de Sionnaz, vient y prier pour obtenir un fils : elle donnera naissance l’année suivante à François de Sales. Une inscription sur la façade commémore l’épisode, dans une langue d’époque : « Dans cette église, en 1566, Madame de Sales n’ayant pas eu d’enfant vint demander à Dieu un fils qui fut saint François de Sales ».
Une église reconstruite et retournée
En 1793, le chœur est détruit pour créer la place actuelle, et le reste de l’édifice devient un magasin de fourrage pour l’armée. Le clocher échappe à la démolition : sa base date du XIVe siècle et ses arches supérieures du XVe, et sa flèche a été financée vers 1530 par Charlotte d’Orléans, épouse de Philippe de Savoie-Nemours.
En 1824 et 1825, une restauration accompagne la création de la paroisse Notre-Dame de Liesse. L’église, trop petite avec sa seule nef, est finalement reconstruite entre 1846 et 1855 par l’ingénieur François Justin, et la reconstruction inverse son orientation. La façade, le chevet et l’intérieur illustrent l’architecture néoclassique sarde, développée entre 1830 et 1850 dans les territoires savoyards.
Ce qu’il faut regarder une fois entré
Le chemin de croix est l’œuvre du sculpteur Jean-Constant Demaison (1911-1999), un autodidacte qui taillait le chêne de Bourgogne sans nœud et a signé 45 chemins de croix pour des édifices du diocèse. Dans le bas-côté gauche, les vitraux ont été commandés en 1933 par le chanoine Coutin ; ils racontent l’histoire de l’église, d’Amédée III comte de Genève qui la fonde au grand Pardon de 1566, en passant par le duc de Nemours et Anne d’Este vénérant le Saint-Suaire.
Deux objets sont protégés au titre des monuments historiques, et leurs notices sont publiées par la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture. Le premier est un tableau du Christ en croix, peint par Antoine Sublet d’après un triptyque du Pérugin conservé au musée de l’Ermitage : monseigneur Dupanloup, originaire de Savoie, l’a offert à l’église en l’envoyant de Rome en 1857, et il est classé depuis le 10 février 1923. Le second est une cloche fondue en 1655 par le fondeur N. Aubry, classée le 27 août 1943.
Visiter l’église
L’église est ouverte tous les jours, toute l’année, et l’entrée est gratuite. L’office de tourisme mentionne des visites guidées, des visites à thème et des visites individuelles libres. Le week-end, la chapelle du Saint-Sacrement accueille l’adoration permanente, le samedi de 9 h à 18 h et le dimanche de 8 h à 18 h, selon la paroisse.
L’adresse est simple : place Notre-Dame, dans le centre ancien, à deux pas des canaux et de la vieille ville. Le quartier se parcourt à pied ; les parkings en ouvrage sont à quelques minutes, comme le détaille notre page parking à Annecy. Pour situer l’édifice parmi les autres, voir notre page sur les églises d’Annecy, et pour le reste du centre, celle de la vieille ville et des canaux.
Les informations de cette page ont été relevées le 7 octobre 2026 sur le site du diocèse d’Annecy, sur la fiche de l’office de tourisme du lac d’Annecy et sur les notices de la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture.
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