Annecy-le-Vieux, l'ancienne commune du versant est

La façade néoclassique de l'église Saint-Laurent, au chef-lieu d'Annecy-le-Vieux
Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Annecy-le-Vieux a cessé d’être une commune le 1er janvier 2017. Le nom, lui, n’a pas bougé : il désigne toujours le quartier, ses rues, ses écoles, et la Ville y entretient une mairie déléguée. Pour qui vit sur le coteau, la fusion a changé l’administration bien plus que la géographie.

Ce que la commune pesait avant la fusion

Les dernières populations légales publiées avant la fusion donnent la mesure du morceau. Annecy-le-Vieux comptait 20 469 habitants, Seynod 20 955, Cran-Gevrier 17 257, Meythet 8 325 et Pringy 4 085, quand Annecy, dans ses limites d’alors, en comptait 52 029. Total des six : 123 120 habitants (INSEE, population légale 2014, chiffres repris dans le rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes). Troisième commune du futur ensemble derrière Annecy et Seynod, Annecy-le-Vieux est devenue commune déléguée, avec le code INSEE 74011 conservé pour son territoire.

Neuf ans plus tard, la commune nouvelle compte 132 117 habitants au recensement de 2023 (INSEE) et 134 985 habitants au 1er janvier 2026 en population totale. Mais la croissance n’est pas répartie : elle est portée par le secteur de Seynod, tandis que les secteurs historiques d’Annecy et de Cran-Gevrier reculent, indique la Ville dans son communiqué du 22 décembre 2025. Annecy-le-Vieux, entre les deux, garde son profil de quartier résidentiel dense, avec son centre et ses commerces.

Un chef-lieu en hauteur, et un pied dans le lac

Le chef-lieu d’Annecy-le-Vieux s’est installé sur le coteau, en retrait de la rive. L’église Saint-Laurent en occupe le centre, et l’office de tourisme la présente comme “un exemple d’architecture néoclassique sarde qui remplace une ancienne église faisant partie des plus anciens sanctuaires de l’agglomération d’Annecy” (fiche de l’église Saint-Laurent, informations mises à jour par la Ville d’Annecy). Le point bas touche le lac du côté du Petit Port, et la rive est du lac est longée par la Véloroute du tour du lac (SILA).

Les traces les plus anciennes ne sont pas dans l’église mais dans la pierre. Un bloc antique de calcaire a été encastré vers 1850 dans son mur sud, et plusieurs blocs gallo-romains sont visibles dans le chef-lieu. Le bloc de l’église appartenait peut-être à l’assise inférieure d’un mausolée familial, ce qui suppose un domaine agricole tout proche. La villa d’Annecy-le-Vieux, dont le nom apparaît sous la forme Anesciacum au neuvième siècle, est le point de départ de l’histoire de la ville (notre page sur l’histoire d’Annecy).

L’église Saint-Laurent et son clocher de 1908

L’église est mentionnée en 1320 et sans doute partiellement reconstruite au quinzième siècle, à l’initiative du cardinal de Brogny, chanoine de la cathédrale Saint-Pierre de Genève et natif d’Annecy-le-Vieux. Vers 1840, son mauvais état entraîne une nouvelle campagne : un premier projet de l’architecte et syndic d’Annecy-le-Vieux Louis Ruphy, puis les plans d’Ignace Monnet. La façade reprend la forme d’un arc de triomphe antique, avec deux niches extérieures et leurs statues, saint François de Sales et saint Laurent.

Le clocher est protégé séparément, et de longue date. La base Mérimée rattache l’édifice à une campagne de construction principale du douzième siècle, et précise l’étendue de la protection : clocher, classé par arrêté du 7 mars 1908 (notice PA00118361, ministère de la Culture). La tour a donc traversé la reconstruction du dix-neuvième siècle, qui a doté la commune de l’église que l’on voit aujourd’hui.

Un village préhistorique sous l’eau

Le deuxième monument historique de la commune déléguée ne se visite pas. Le site sublacustre du Petit Port, dans le lac d’Annecy, est inscrit par arrêté du 22 février 1991. Mérimée le classe parmi les sites archéologiques de type palafitte (notice PA00118475), autrement dit un habitat sur pilotis, aujourd’hui sous la surface, à l’aplomb du quartier qui regarde l’eau. Les rives du lac ont donc été occupées bien avant l’église, bien avant le domaine gallo-romain, et de façon durable.

Le campus du coteau

Annecy-le-Vieux n’est pas seulement un quartier de maisons. L’IUT d’Annecy y est implanté depuis 1973, sur le site universitaire, et constitue l’une des sept composantes de l’université Savoie Mont Blanc, avec 28 000 m² de locaux (université Savoie Mont Blanc). Des milliers d’étudiants montent chaque jour sur le coteau, ce qui donne au quartier une animation sans rapport avec celle du centre ancien, plus touristique et plus piétonne.

Après la fusion, un chantier qui continue

Le rapport de la chambre régionale des comptes donne la mesure du travail laissé par la fusion. La commune nouvelle a repris les politiques sport et culture de l’agglomération, puis inventorié environ 750 bâtiments hérités des six communes, pour décider ce qu’elle garde, ce qu’elle vend et ce qu’elle rénove. Le rapport parle aussi d’un projet de fusion “insuffisamment préparé”, et d’une harmonisation fiscale qui s’est traduite par la hausse du taux de foncier bâti des anciennes communes les moins taxées : à Annecy-le-Vieux, il est passé de 27,91 % en 2021 à 29,46 % en 2022.

Se repérer

Les mairies déléguées restent le premier guichet de proximité pour les démarches courantes, et l’hôtel de ville de Seynod ainsi que les accueils des mairies déléguées reçoivent le public, comme le rappelle un arrêté municipal publié par la Ville. Pour la visite, le bord du lac et les balades se trouvent dans notre page sur le lac d’Annecy et dans Patrimoine et balades à Annecy. Les rendez-vous de la commune sont dans l’agenda, et les démarches du quotidien dans la rubrique vie pratique. Notre page sur la vieille ville raconte, elle, le centre ancien dont Annecy-le-Vieux porte le nom à sa manière, avec le vieux village pour lui et la ville neuve pour sa voisine.

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