Le Semnoz et les montagnes d'Annecy : sommets, alpages et accès
Annecy a beau être une ville d’eau, elle vit adossée à une montagne. Le Semnoz est celle qui vient buter contre les toits : depuis le Pâquier, il occupe tout l’arrière-plan à gauche du lac, et une quinzaine de kilomètres de route suffisent pour passer des quais aux alpages. Les autres reliefs de la cuvette annécienne se regardent plus qu’ils ne se parcourent.
Une montagne qui commence au bout de la ville
Le Semnoz culmine à 1 702 m au Crêt de Châtillon, à une quinzaine de kilomètres du centre d’Annecy. C’est la porte d’entrée du massif des Bauges, un territoire reconnu Parc naturel régional depuis 1995 et labellisé Géopark mondial par l’UNESCO en 2011 pour sa richesse géologique. Le Semnoz y compte ses propres géosites, dont cette calotte d’alpages et ses dolines.
Sa forme explique le reste. Le sommet n’est pas une pointe mais une calotte : un large plateau d’alpages bosselé de dolines, ces entonnoirs creusés dans le calcaire où l’eau disparaît vers des gouffres avant de ressortir dans le lac d’Annecy ou dans le Chéran. Les crêts calcaires, Crêt de l’Aigle, Crêt de Châtillon, affleurent en barres blanches au-dessus des pelouses. Le Géopark des Bauges détaille cette mécanique, plis et chevauchements compris.
Côté exploitation, le Semnoz n’appartient à aucun groupe privé. En janvier 2019, la station est devenue une régie à autonomie financière du Grand Annecy, décidée par le conseil communautaire. L’histoire locale est plus ancienne : un premier hôtel-restaurant, le Courant d’Ere, s’installe au sommet dès 1872, sous la signature de l’architecte Marius Vallin, et c’est en 1976 qu’un syndicat intercommunal empêche un projet de 4 000 lits en usant de son droit de préemption. La station est restée un plateau, avec ses chalets d’alpage et ses parkings, sans front de neige bâti.
Les montagnes d’à côté
Annecy est posée dans un fond de cuvette, entre le lac et des reliefs qui ferment l’horizon dans presque toutes les directions. Au sud, la Tournette monte à 2 351 m et ferme le bassin versant du lac ; à l’est, le mont Veyrier, le mont Baron et la barre du Roc de Chère barrent la rive droite ; au sud-est, les Dents de Lanfon se découpent en dents de scie au-dessus de Talloires. Le versant ouest du lac appartient au Parc des Bauges, avec l’Arcaloz, le Roc des Bœufs ou la pointe de la Sambuy dans le prolongement du massif.
L’essentiel de ces reliefs se contourne en voiture ou se gagne à pied. Deux réserves naturelles protègent les pieds de pente au bord de l’eau, le Bout du Lac à Doussard et le Roc de Chère à Talloires-Montmin, chacune avec son règlement propre. Pour la géographie du plan d’eau, voir notre page sur le lac d’Annecy.
L’été, sur un plateau ouvert
Le Semnoz se pratique d’abord en libre accès. Les sentiers balisés partent des parkings et rejoignent le Crêt de Châtillon par les alpages ; les cinq alpagistes du plateau ouvrent leurs chalets et vendent leurs fromages, les troupeaux montant à la première quinzaine de juin. Le bivouac est autorisé du coucher au lever du soleil, mais seulement dans trois zones délimitées : de part et d’autre du parking du Courant d’Ere, au pied du Crêt de l’Aigle, et en lisière de forêt côté Bauges.
Les activités payantes complètent la journée. La luge d’été, installée en 2000, tourne de mai à octobre ; le VTT et son bikepark ouvert en 2024, le tubing, les trottinettes tout-terrain, le mini-kart, le parcours d’orientation et le biathlon d’été complètent la liste, souvent sur la seule période de juillet et août. Les horaires actuels de ces animations sont publiés par la station : hors vacances scolaires, elle tourne le week-end de 13 h à 17 h, et passe en 7 j/7 sur le même créneau pendant les vacances de la Toussaint.
Ne pas manquer le jardin alpin, gratuit depuis plus de quarante ans, installé derrière le chalet nordique de la Forêt : plus de 150 espèces locales, grande astrance, épilobe, œillet des Chartreux, tenu par les bénévoles de France Nature Environnement Haute-Savoie. Il ouvre de mi-mai à début septembre, les chiens n’y entrent pas et le relief interdit l’accès aux personnes à mobilité réduite. Le taux de remplissage des parkings est affiché en temps réel, utile les dimanches de beau temps.
L’hiver, alpin et nordique
Le domaine alpin aligne 18 pistes damées et 15 km de descentes, de la verte à la noire, et le domaine nordique 35 km répartis sur trois secteurs, du Berger à la Forêt et au Plateau. Le chalet nordique de la Forêt loue skis, bâtons et raquettes, l’ESF du Semnoz assure les cours, et la station ouvre gratuitement des casiers sécurisés pour la saison d’hiver.
Rien n’est garanti d’avance, évidemment. L’ouverture des pistes dépend de la neige et se consulte en direct sur les pages d’ouvertures de la station, complétées par ses webcams et par la balise météo de la Fédération française de vol libre posée au sommet. Sur la faune, le Parc des Bauges signale une zone de refuge hivernal du tétras-lyre : mieux vaut rester sur l’itinéraire principal, se coller aux traces à la descente et sortir entre 8 h et 18 h.
Monter depuis Annecy
En hiver, les bus SIBRA montent depuis la gare d’Annecy par deux itinéraires, la ligne S1 vers les Puisots et la ligne S2 par Quintal. En été, c’est la ligne S4 qui dessert le sommet au tarif habituel du réseau : en 2026, elle a circulé du 1er juillet au 31 août, tous les jours. Un vélo se charge dans le bus avec un supplément de 5 €. Les dates et horaires de chaque saison sont publiés par la SIBRA et repris par la station.
À pied, la montée depuis la ville a son itinéraire : la première étape du GR des Grands Lacs part du 58 rue des Marquisats, à Annecy, et rejoint le Crêt de Châtillon en 14,4 km pour 1 278 m de montée, comptez six heures et demie. Le tracé coupe deux fois la D41, passe par les Terrasses du Lac, la forêt du Crêt-du-Maure, le plateau de la Danne à 1 505 m et la baraque de Bénévent avant de déboucher sur les alpages sommitaux. La fiche du Parc donne le détail du parcours et les zones de sensibilité à traverser.
En voiture, la D41 grimpe en une quinzaine de kilomètres et traverse les alpages avant les parkings P1, côté nordique, et P2, côté alpin. L’hiver, Inforoute 74, le service du Département, publie l’état de la route et une webcam côté versant Annecy.
Ce qui est réglementé sur le plateau
Quatre communes se partagent la partie sommitale, Leschaux, Viuz-la-Chiésaz, Quintal et Gruffy, et elles ont pris des arrêtés municipaux applicables du 1er mai au 31 octobre. Le bivouac y est interdit hors des trois zones autorisées, les feux de camp sont tout bonnement prohibés, les chiens doivent rester en laisse, la circulation pédestre se limite aux sentiers balisés, la baignade est interdite et les véhicules à moteur n’ont rien à faire sur les pistes. Les nuisances sonores sont visées aussi : le bruit disperse les troupeaux. Le vol libre a droit à une zone de décollage définie, pas plus.
Les alpages ne sont pas un décor. Ils sont gérés par l’Association foncière pastorale du Semnoz, créée en 1978, et gardés par des chiens de protection. Un patou qui aboie fait son travail : on passe son chemin sans le caresser ni le fixer.
En pratique
Le Semnoz occupe facilement une journée entière : l’agenda recense les rendez-vous du bassin annécien, Que faire à Annecy couvre les autres sorties, et la piste cyclable du tour du lac, décrite sur notre page de la voie verte, permet de descendre jusqu’aux rives depuis le plateau. Le Parc naturel régional du Massif des Bauges publie cartes et itinéraires de randonnée pour tout le massif.
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