Les églises d'Annecy : du gothique au patrimoine du 20e siècle
Annecy compte une cathédrale, deux basiliques et une dizaine d’églises paroissiales, du centre ancien aux quartiers de la commune nouvelle. Cinq siècles d’architecture s’y répondent, du gothique flamboyant au béton armé des années 1960, et la plupart se visitent librement, sans billet ni réservation.
Saint-Pierre et Saint-Maurice, les deux monuments du centre
La cathédrale Saint-Pierre, siège du diocèse d’Annecy, a une histoire de reconversion. Construite à partir de 1535 comme église du couvent des Cordeliers, sur les plans du maître d’œuvre Jacques Rossel, elle devient la cathédrale provisoire des évêques de Genève chassés par la Réforme, avant d’être érigée en cathédrale du diocèse en 1822. Sa façade, achevée en 1535, est un cas d’école : déjà Renaissance dans ses pilastres et son fronton, elle garde une rosace gothique copiée sur celle de la tour sud de la cathédrale Saint-Pierre de Genève, du même architecte. L’édifice est classé monument historique depuis 1906.
L’église Saint-Maurice, à quelques rues de là, est née d’un incendie. Après celui qui ravage la ville, le cardinal Jean de Brogny fonde en 1422 un couvent de Dominicains, dont la chapelle est engagée le 22 mars 1422 et consacrée en 1445, alors qu’elle n’est pas terminée ; les voûtes montent en 1491. Bâtie sur le modèle des églises de l’ordre, large pour accueillir de vastes assemblées, elle devient l’église paroissiale au début du 19e siècle et prend le nom de saint Maurice en mémoire de l’ancienne église détruite près du château. On y vient pour la peinture funéraire du tombeau de Philibert de Monthoux, du milieu du 15e siècle, et pour une chaire sculptée du début du 18e. Restaurée en 2014 et 2015.
Notre-Dame-de-Liesse, la collégiale des comtes de Genève
Notre-Dame-de-Liesse, place du même nom, est la plus chargée d’histoire. Un pèlerinage marial y est attesté dès la fin du 11e siècle, dans un sanctuaire resté hors les murs, d’où son nom primitif de Notre-Dame de la Lée, la Notre-Dame du faubourg. Le vrai acte de naissance date de 1360, quand le comte Amédée III de Genève décide d’en faire la nécropole de sa lignée. La construction, poursuivie par le comte Robert, s’achève en 1394 et l’église est consacrée en 1398. Le Saint-Suaire y est exposé en juillet 1566, un événement commémoré par une inscription sur la façade, et c’est là que Françoise de Sionnaz, venue prier pour avoir un fils, conçut l’année suivante celui qui deviendrait saint François de Sales.
La Révolution a failli tout emporter. Le chœur est détruit en 1793, l’église transformée en hangar et en magasin, et seul le clocher, dont la base remonte au 14e siècle, échappe à la démolition. L’édifice actuel est une reconstruction menée entre 1846 et 1855 par l’ingénieur François Justin : plan en croix latine, coupole centrale, façade néoclassique sarde, clocher roman conservé. Son bourdon, la Salésienne, pèse cinq tonnes, et l’une des cloches, fondue en 1655, sonne toujours.
Saint-François, l’église des Italiens
En bordure du Thiou, face au Palais de l’Île, l’église Saint-François était la chapelle du premier monastère de l’ordre de la Visitation, fondé en 1610 par François de Sales et Jeanne de Chantal. Reconstruite à partir de 1642, elle affiche une façade directement inspirée de l’église du Gesù à Rome, avec ses deux niveaux, son fronton et ses volutes. À l’intérieur, sept retables baroques ornent les chapelles, dont le retable du maître-autel, reconstitué au 19e siècle d’après l’original disparu.
Son surnom vient d’ailleurs : elle a été affectée à la communauté italienne d’Annecy en 1923. Avant cela, elle avait conservé pendant deux siècles les tombeaux des deux fondateurs de la Visitation, transférés depuis à la basilique. Vendue comme bien national sous la Révolution, transformée en manufacture, elle n’est revenue au culte qu’en 1888. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1952 et a été restaurée en 2003.
Sainte-Bernadette, la plus grande de l’agglomération
Changement d’époque et de matériau avec Sainte-Bernadette, construite dans les années 1960 près de la presqu’île d’Albigny sur les plans de Maurice Novarina et Claude Fay. L’extérieur joue la carte des lignes droites, adoucies par un clocher arrondi ; l’intérieur fait entrer la lumière par l’alternance de verre et de panneaux verticaux en béton, et son plafond de bois franchit le vide sans appui pour dégager la vue sur l’autel. Labellisée patrimoine du 20e siècle, avec 900 places assises, c’est la plus vaste église de l’agglomération.
Les basiliques et les clochers des quartiers
Sur la colline, la basilique de la Visitation, élevée entre 1922 et 1930, veille sur les tombeaux de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal. Dans la plaine des Fins, la basilique Saint-Joseph-des-Fins a été lancée en 1937 par le curé Amédée Folliet et confiée à l’architecte bénédictin Dom Paul Bellot, puis consacrée en 1962 et élevée au rang de basilique deux ans plus tard : un manifeste d’art sacré des années 1930, où le béton armé porte des voûtes que rien ne laisse deviner de l’extérieur.
Les communes déléguées ont gardé leurs clochers. L’église Saint-Paul de Meythet, autre œuvre de Novarina, le Sacré-Cœur de Mosinges à Cran-Gevrier, la chapelle de Ferrières à Pringy, et l’église Notre-Dame de l’Assomption, à Balmont, reconstruite en style néogothique à partir de 1867.
Repères de visite
La plupart de ces églises sont ouvertes dans la journée et l’entrée est libre. Les horaires des offices, les messes et les visites guidées sont publiés par le diocèse d’Annecy, qui tient aussi une pastorale du tourisme pour les visiteurs de passage.
Les éléments historiques de cette page ont été relevés le 5 octobre 2026 dans les fiches du comité départemental du tourisme de la Haute-Savoie, sur les pages de la pastorale du tourisme du diocèse d’Annecy, et dans les notices des monuments d’Annecy sur Wikipédia.
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