Mont Veyrier : randonnée, panorama et accès réglementé depuis Annecy-le-Vieux

Sentier du mont Veyrier sur la crête, au-dessus du lac d'Annecy et des montagnes
Photo : Myrabella, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le mont Veyrier est la muraille qui ferme l’horizon d’Annecy-le-Vieux. De la ville, on ne voit que ses parois calcaires posées sur le lac; de son sommet, on voit tout le reste. C’est aussi un espace naturel sensible sous forte fréquentation, avec des accès réglementés depuis l’été 2024, et une montée qui ne pardonne pas l’improvisation. Voici ce qui s’y trouve, comment y monter et ce qu’il faut accepter avant de partir.

Ce qu’on voit du sommet

Le sommet est annoncé autour de 1 290 m, avec de petites variations selon les documents officiels: 1 290 m comme altitude maximale de l’itinéraire officiel, 1 291 m dans une publication de l’office de tourisme, 1 293 m sur la page que le même office consacre à Veyrier-du-Lac. La vue, elle, ne change pas de chiffre: le lac sur toute sa longueur, la chaîne des Aravis, le massif des Bauges et le mont Blanc quand l’air est clair. La crête se poursuit vers le mont Baron, que la grande boucle traverse, et l’esplanade de l’ancienne gare d’arrivée du téléphérique reste le point d’observation le plus confortable du parcours. Les parois qui tombent sur le lac se prêtent aussi à l’escalade, un usage que l’office de tourisme met en avant dans sa présentation du village.

La boucle du mont Veyrier

La fiche officielle de l’office de tourisme, mise à jour par le Conseil départemental de la Haute-Savoie, décrit une boucle de 13,75 km pour 1 120 m de dénivelé positif, comptez 4h30, difficulté difficile, au départ d’Annecy. Altitude maximale 1 290 m, accès libre et gratuit, chiens acceptés. L’itinéraire est annoncé ouvert du 30 avril au 10 novembre, sous réserve de conditions de neige et de météo favorables.

Le terrain est raide, souvent racineux, par endroits rocheux, et le sentier porte les traces d’un passage intensif. Les fiches officielles le disent sans détour: itinéraire dangereux par mauvais temps, fortes pluies, gel ou neige, et à ne pas entreprendre avec un équipement médiocre ou des enfants non initiés. Un bon entraînement vaut mieux qu’un bon appareil photo.

L’ancien téléphérique n’existe plus

Plus de cabines, plus de câbles, plus de gare d’arrivée: si vous cherchez un moyen mécanique de monter, il n’y en a pas. Le massif a pourtant eu le sien pendant cinquante ans, et son histoire tient en quelques chiffres que la fiche cyclo de l’office de tourisme résume: inauguré en 1934, il partait de Veyrier-du-Lac, hissait au sommet plus de 40 000 personnes par an dans les années 1960, cessa son exploitation en 1984 et fut démoli en 2001.

La mairie de Veyrier-du-Lac raconte une autre date et un nom: une inauguration en 1935, à l’initiative du banquier annécien Léon Laydernier, et une gare inférieure reconvertie en cinémathèque des Pays de Savoie et de l’Ain. Précision utile, car elle a déménagé depuis: l’association est aujourd’hui installée à Andilly, 227 chemin du Champ de Foire, comme l’indique son propre site. Le bâtiment de la gare inférieure reste un repère de la route qui longe le lac, mais on n’y projette plus de films.

En chemin, l’esplanade de l’ancienne gare supérieure sert toujours de belvédère: c’est le vestige le plus confortable d’un temps où l’on montait sans marcher.

Le village au pied de la muraille

Au pied du massif, Veyrier-du-Lac est une station que sa mairie présente comme aimée des peintres et des poètes. Le village s’est adossé aux pentes, profite d’un bon ensoleillement et garde les pieds dans l’eau avec la plage de la Brune, labellisée Pavillon Bleu. Des sentiers balisés montent au sommet depuis le village: c’est l’alternative à l’approche par Annecy-le-Vieux, avec un départ bien plus haut que le bord du lac.

Y monter: accès et stationnement

C’est le point qui a le plus changé. La Ville d’Annecy, le Grand Annecy, le Département de la Haute-Savoie et la commune de Veyrier-du-Lac ont mis en place un plan de gestion du massif, et la maîtrise des flux automobiles s’est traduite par deux mesures publiées par la Ville: la fermeture de la route qui reliait le Plan Sagran au parking du col des Contrebandiers à compter du 29 juillet 2024, puis l’interdiction totale de circulation du côté du Pré Vernet à partir du 21 décembre 2024. Les véhicules de secours et les ayants droit ne sont pas concernés; les stationnements hors parking sont surveillés et verbalisés.

Concrètement, la voiture ne monte plus au plus près du sommet. L’accès à pied se fait par le chemin rural de la Montagne, avenue de Chavoires, côté lac. On part donc plus bas, et la montée s’allonge d’autant: comptez une marge horaire sérieuse, de l’eau et de quoi redescendre avant la nuit en fin de saison. Le col des Contrebandiers, à 1 054 m, reste un objectif à pied ou à vélo depuis la fin de la montée d’Annecy-le-Vieux: les mesures publiées par la Ville visent la circulation et le stationnement automobiles.

Précautions

Trois choses à garder en tête. La première est la saison: la boucle est annoncée du 30 avril au 10 novembre, le reste de l’année appartenant à la neige et au gel. La deuxième est le sol: chaussures à crampons légers, terrain technique, pierres qui roulent. La troisième est la fragilité du site. Le massif est un espace naturel sensible dont la fréquentation récréative a justifié tout le dispositif de régulation: rester sur les sentiers, ne rien laisser derrière soi et éviter les stationnements sauvages, c’est ce qui protège l’accès de tout le monde et l’accès de demain.

Pour les sorties encadrées, l’office de tourisme propose une randonnée collective sur la boucle du Mont-Veyrier. Pour replacer la montagne dans la visite, voyez notre page sur le lac d’Annecy, que faire à Annecy et nos balades et patrimoine. Le détail officiel de la réglementation est sur annecy.fr.

Plus au sud, le Semnoz et les autres montagnes se préparent de la même façon.

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