Le Haras d'Annecy, du dépôt d'étalons au parc et aux Halles

Les bâtiments du Haras d'Annecy vus depuis le parc
Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Un site de deux hectares et demi au centre d’Annecy, fermé au public pendant des années, rouvert le 19 juin 2026. Le Haras est le plus gros chantier porté par la Ville depuis la construction de Bonlieu en 1981, et c’est aussi un lieu dont l’histoire remonte à l’Empire. Ce qu’on y trouve aujourd’hui n’a plus rien d’équestre, sauf l’architecture.

Un dépôt d’étalons depuis 1808

Annecy accueille un premier dépôt d’étalons dès 1808, installé dans un ancien couvent du centre historique. L’objectif est militaire et agricole : fournir des reproducteurs aux élevages de la région, et des chevaux à l’armée. Le dépôt reste à l’étroit dans le centre, et la ville décide à la fin du dix-neuvième siècle de le déplacer à sa périphérie, sur un terrain alors libre.

La construction du Haras actuel commence en 1880, sous la Troisième République. L’architecte Louis-Joseph Ruphy conçoit un ensemble symétrique : un bâtiment central avec la sellerie au rez-de-chaussée et le logement du vétérinaire à l’étage, des ailes pour le personnel, des écuries, un manège couvert et les bâtiments de stockage du fourrage. Le chantier s’achève en 1885, et les premiers chevaux arrivent dès 1882.

Soixante-quinze ans de service, puis le civil

Le site sert pendant soixante-quinze ans à fournir l’armée en chevaux. Le déclin de l’activité équestre militaire met fin à cette vocation : en 1960, le Haras devient un centre hippique privé, et un club hippique s’y installe, occupant le manège pendant plusieurs décennies.

Au début des années 2000, la réorganisation des haras nationaux déplace le dépôt équin d’Annecy à Chazey-sur-Ain. Le site ferme. Un arrêté du ministre de la Culture daté du 22 février 2007 inscrit ses douze bâtiments à l’inventaire des monuments historiques, ce qui protège l’ensemble au moment même où il perd son usage.

La Ville d’Annecy rachète le Haras en 2013. S’ouvre alors une longue phase de projet, avec consultation des habitants, avant le chantier de réhabilitation.

Ce qu’on trouve sur le site depuis juin 2026

Le site a rouvert au public le 19 juin 2026, avec une inauguration populaire le lendemain. Trois ensembles se partagent les lieux.

Le parc paysager, dessiné par le paysagiste Philippe Deliau, occupe environ deux hectares et demi et relie les bâtiments entre eux. Il est ouvert toute l’année et sert de traversée piétonne entre le centre-ville et le quartier alentour.

Les Halles du Haras réunissent dix-neuf commerces de bouche dans un bâtiment réhabilité : charcutier, boulanger, pâtissier, fromager, caviste, primeur, rôtisseur, traiteur mer, et plusieurs tables où manger sur place. Elles sont ouvertes du mardi au jeudi de 8 h à 21 h, le vendredi et le samedi de 8 h à 23 h, le dimanche de 8 h à 16 h, et fermées le lundi. Notre page sur les boucheries d’Annecy détaille ce qu’on peut y acheter et ce que l’étiquetage d’une viande doit indiquer.

La Cité internationale du cinéma d’animation occupe le reste du site, avec un équipement porté par CITIA, l’établissement qui organise le festival du film d’animation. La salle de cinéma a été construite par le Département de la Haute-Savoie, la Ville finançant l’essentiel de l’opération, avec le concours de l’État et de la Région.

Pourquoi la Ville a choisi le cinéma d’animation

Annecy est déjà la capitale du film d’animation par son festival, le rendez-vous de référence du secteur depuis 1960. La Cité donne à cette réputation un lieu permanent, ouvert aux professionnels et aux habitants, dans le prolongement de la manifestation de juin. Le rapprochement avec Bonlieu, l’autre grand équipement culturel municipal, est explicite dans le discours de la Ville : les deux bâtiments concentrent la programmation culturelle à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Notre page sur Bonlieu décrit ce que le centre propose, scène, cinéma et bibliothèque.

Visiter, et ce qu’il reste du Haras

Le parc se visite librement. Les Halles se traversent aux heures d’ouverture, et l’architecture d’origine reste lisible : la cour, les façades des écuries, le grand volume du manège conservé dans le projet.

Deux conseils de visite. Le matin en semaine est le moment le plus calme pour regarder les bâtiments, les Halles se remplissant à l’heure du déjeuner. Et si l’on vient pour l’histoire du lieu, le programme semestriel des Rendez-vous Patrimoine de la Ville comporte une entrée consacrée au Haras, avec le détail des rendez-vous.

Pour situer le Haras dans un parcours plus large, notre guide sur que faire à Annecy place le site à côté de la vieille ville et du lac, et la page sur les commerces et services dit ce qu’on trouve dans les rues commerçantes voisines.

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