Le Pâquier d'Annecy : l'esplanade du lac, son histoire et ses usages
Le Pâquier est cette pelouse que tout le monde traverse sans la nommer. Elle sépare la vieille ville du lac, porte les grands rendez-vous de l’été et sert de fond de carte à des milliers de photographies. Sa forme s’explique par son origine : c’est un terrain gagné sur le marais, puis assemblé parcelle après parcelle.
Du pré à la promenade publique
À l’origine, l’espace est une mosaïque de propriétés. Le point de départ est une grande parcelle donnée vers 1610 par la famille de Menthon ; l’administration communale réunit ensuite les autres morceaux jusqu’au milieu du XIXe siècle. C’est à ce moment que le Pâquier devient le vaste espace public que l’on connaît.
Les usages, eux, changent plus tôt. Au milieu du XVIIe siècle, la commune transforme le terrain en promenade publique et plante des allées de tilleuls. Un règlement de l’époque dit assez bien ce qu’on attendait d’un tel lieu : les bêtes à cornes et les porcs sont interdits, les chevaux sont tolérés sous bonne garde. Deux siècles avant les plages et les terrasses, le Pâquier était déjà la sortie du dimanche.
Le théâtre, le casino, et ce qu’il en reste
Une salle de spectacle y est construite dans les années 1820, à l’initiative d’une société d’actionnaires ; elle est reconstruite à partir de 1863, puis complétée en 1921 par un casino qui fonctionne jusqu’au milieu des années 1950. En 1955, un quatrième bâtiment sort de terre, signé de l’architecte Paul Jacquet, dessiné pour s’accorder au style Art déco des immeubles voisins.
Le déclin vient ensuite, et la fin est brutale : l’ensemble tombe sous la pioche des démolisseurs en octobre 1981. Dix mille mètres carrés de pelouse sont rendus à la ville, et la vue sur la perspective du lac se dégage. Sur l’ancien Clos Bonlieu, à côté, s’installe au début des années 1980 le Centre Bonlieu, qui réunit le théâtre, la bibliothèque, un parking souterrain, des commerces et des services. Notre page sur Bonlieu raconte cette bascule, et celle sur le cinéma et les spectacles couvre l’ensemble des salles de la ville.
Ce qui s’y passe aujourd’hui
Reste l’essentiel : une pelouse ouverte en permanence, une vue directe sur le lac et sur l’amphithéâtre des montagnes, du Parmelan à la Tournette. Les Annéciens y viennent pour un pique-nique, une partie de ballon, une sieste ou simplement pour regarder le lac droit devant.
Les grands rendez-vous, eux, s’y pressent. Le triathlon du lac d’Annecy y installe son départ et son arrivée, sur les quais, et le public s’y place sans billet. Le marathon du lac y monte son village. Les projections en plein air du Festival international du film d’animation remplissent la pelouse, et la fête du lac s’y est longtemps concentrée avant de s’étendre à toute la ville. En dehors de ces temps forts, la pelouse reste un espace libre, ce qui est rare au bord d’un lac aussi couru.
Accès et équipements
Le Pâquier se situe promenade Jacquet, entre la vieille ville et la baie d’Albigny. Il est ouvert toute l’année et l’accès est gratuit. L’office de tourisme y signale des WC publics, plusieurs parkings à proximité dont un couvert et un payant, un parking pour les autocars, et précise que les animaux sont acceptés.
À pied, le plus simple est d’arriver par la vieille ville : en descendant vers le lac, on rejoint la pelouse en quelques minutes, par les canaux d’Annecy ou par les jardins de l’Europe. Depuis la gare, comptez une vingtaine de minutes à pied en suivant les quais.
Sources
Les informations de cette page ont été relevées le 13 octobre 2026 sur la fiche du Pâquier de l’office de tourisme du lac d’Annecy, renseignée par la Ville d’Annecy, et sur la fiche de l’observatoire photographique des paysages hauts-savoyards du CAUE de Haute-Savoie.