Un millier de manifestants bravent l'interdiction à Annecy

L'avenue d'Albigny, à Annecy, entre le lac et le Pâquier
Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Le préfet de la Haute-Savoie avait interdit le rassemblement prévu à 14 heures sur le Pâquier. Il s’est tenu quand même. Entre 800 et 1 000 personnes s’y sont retrouvées en début d’après-midi, selon le décompte du Dauphiné libéré, avant qu’un cortège ne parte à travers Annecy.

L’arrêté est tombé samedi matin. Dans un message publié sur Facebook, Jérôme Bonet justifie l’interdiction par une déclaration « trop tardive au regard de la législation », qui ne présente pas « les garanties de sécurité nécessaires ». À 14 heures, une centaine de personnes étaient sur le Pâquier, dont certaines ignoraient l’annulation. Les organisateurs avaient renoncé dès le matin : « On ne souhaite pas mettre les manifestants en danger car on s’attend à une répression très forte », explique Aude Panisse, secrétaire départementale de la CGT Haute-Savoie.

La veille au soir, les syndicats avaient déjà perdu une manche. Le tribunal administratif de Grenoble les a déboutés du référé qu’ils avaient déposé contre l’arrêté préfectoral interdisant les attroupements dans le centre-ville.

Le cortège file vers le Parmelan, les gendarmes chargent

En début d’après-midi, la foule massée au Pâquier se met en marche vers le quartier du Parmelan. Les manifestants sont majoritairement très jeunes et scandent « A bas l’état, les flics et les fachos ». Positionnée au giratoire de l’avenue du Parmelan, la police bloque le cortège et ordonne la dispersion : « Nous allons faire usage de la force ». En réponse, les manifestants chantent « La police, doucement, on fait ça pour nos enfants ». La gendarmerie charge une première fois sur le boulevard Saint-Bernard-de-Menthon, et le cortège recule.

La suite ressemble à une déambulation hachée, avec des groupes qui se reforment plus loin. Rue Henri-Bordeaux, les manifestants arrivent au rond-point de la gendarmerie et rebroussent chemin. Une barricade se monte à l’angle de l’avenue de France et de la rue du Mont-Blanc. Les policiers lancent des gaz lacrymogènes alors que des affrontements éclatent avenue de France entre des individus venus en découdre et des manifestants. Un second cortège se forme rue Georges-Martin, dans une ambiance bon enfant.

Sit-in face aux gendarmes, puis blocage avenue d’Albigny

Des manifestants s’assoient avenue Gambetta, face aux gendarmes, et lancent « Enlevez vos casques, rejoignez-nous ! ». Un autre groupe remonte l’avenue sous les klaxons de certains automobilistes, bute sur un barrage au giratoire Charles-de-Gaulle et reflue en marchant au milieu de la circulation. Le cortège gagne ensuite la route Montagne, en direction du lac, puis l’avenue d’Albigny. Le sit-in y reste bon enfant, avant que la police ne bloque les manifestants à hauteur de la rue André-Theuriet.

Aucun bilan de la journée n’était communiqué à cette heure. La semaine dernière, la même mobilisation avait réuni 4 000 personnes à Annecy, selon la préfecture, et s’était achevée par des heurts, un policier blessé et quatre interpellations.

Une douzaine de boutiques fermées rue Carnot, couvre-feu à 19 heures

Le centre-ville s’était préparé. Dans la rue Carnot, une douzaine de boutiques sont restées fermées, ont baissé le rideau à midi ou se sont barricadées derrière des planches, et certaines ont vidé leurs vitrines. La gendarmerie stationnait devant la préfecture, et l’affluence n’était pas celle d’un samedi ordinaire.

Un arrêté de la mairie d’Annecy instaure un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, de 19 heures samedi à 6 heures dimanche, dans l’hypercentre et dans le quartier Novel-Teppes. Le maire, Antoine Armand, avait demandé jeudi au préfet de renforcer la police et la gendarmerie dans toute la ville. Le réseau de bus d’Annecy a adapté ses trajets pour la journée.