Élus et habitants réunis devant la mairie d'Annecy contre les violences

L'hôtel de ville d'Annecy
Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Ils étaient une centaine sur le parvis de l’hôtel de ville d’Annecy, lundi 19 octobre. Élus, commerçants et habitants avaient répondu à l’appel de l’Association des maires de France (AMF), deux jours après les violences et les pillages qui ont suivi la mobilisation contre la vie chère.

Le maire Antoine Armand a pris la parole devant un pupitre, entouré d’élus en écharpe tricolore. « Nous avons tous vu les images insupportables samedi de la dérive et de la déroute », a-t-il déclaré. Dans la foule, beaucoup de retraités. Françoise, Annécienne de 64 ans, raconte son émotion : « Je suis plus que choquée, c’est perturbant et anxiogène quand on aime la République française. »

Trois commerces pillés, quatre interpellations

Le rassemblement s’est tenu après une journée du 17 octobre qui a laissé des traces dans le centre-ville. Un début d’incendie devant le palais de justice a été éteint rapidement, et trois commerces ont été pillés. Quatre personnes ont été interpellées à Annecy.

La devanture de la boutique Lacoste, rue Sommeiller, n’est plus qu’un mélange de vitres brisées, de planches en bois et de rideau de fer tiré. « C’est le fruit du travail de plusieurs décennies anéanti », regrette Karine Zerbola, représentante du GHR Annecy, le syndicat patronal des hôteliers et des cafés.

Le maire réclame des manifestations mieux sécurisées

Antoine Armand a profité du rassemblement pour poser la question du maintien de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur a reconnu qu’il avait manqué au moins plusieurs milliers de policiers dans le pays. « Il n’est pas envisageable que les manifestations ne soient pas davantage sécurisées », a assuré le maire d’Annecy.

Les habitants présents ne rejettent pas tous le mouvement. Martine, retraitée annécienne, juge les revendications « justes ». Fabienne les comprend aussi, mais voudrait qu’« au vu des violences, on les mette un peu en sourdine, ces manifestations ».

Un nouvel appel à la mobilisation est lancé pour samedi 24 octobre. En Savoie voisine, Le Dauphiné libéré recense cinq rendez-vous annoncés, dont un blocage du dépôt pétrolier d’Entrelacs, tout en soulignant que ces déclarations restent à prendre avec des pincettes.