Canyoning à Annecy : Angon, Montmin et les règles du site

Le sentier d'approche en sous-bois qui mène aux gorges d'Angon, au-dessus de Talloires
Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Le canyoning autour d’Annecy tient sur deux ravines séparées par quelques kilomètres, au-dessus de Talloires-Montmin. Angon, que tout le monde connaît pour sa cascade, et Montmin, plus aquatique, au pied de la Tournette. Ni l’une ni l’autre ne s’improvise : la descente se fait avec un professionnel, le site d’Angon obéit à une charte signée entre la commune et le comité départemental, et la saison tient dans un été.

Deux canyons, deux caractères

La fiche de l’office de tourisme du lac d’Annecy rappelle ce qu’est l’activité : progresser dans un cours d’eau au débit variable, en alternant marche d’approche, nage, descentes en rappel, sauts et toboggans. Autour du lac, deux sites se partagent la pratique.

Le canyon d’Angon descend la ravine de la cascade du même nom, sur la commune de Talloires-Montmin. Le comité départemental du tourisme décrit, pour la formule dite de perfectionnement, une entrée par une descente en rappel de 35 mètres, six rappels au total, une marche d’approche d’une demi-heure et deux heures trente de descente. C’est le canyon le plus connu du secteur, et le plus fréquenté.

Le canyon de Montmin, au-dessus du village de Vésonne sur la route du col de la Forclaz, joue l’inverse. Le même comité annonce deux heures trente de parcours et des sauts de 1 à 7 mètres : plus d’eau, moins de corde, et une marche d’approche plus courte.

Les deux sites se réservent auprès de prestataires référencés par l’office de tourisme, qui tient une centrale de réservation en ligne. Comptez une demi-journée pour l’un, la journée pour enchaîner les deux.

Ce que la préfecture demande

La préfecture de la Haute-Savoie range le canyoning parmi les activités à risque, dans une page mise à jour le 29 juillet 2026. Son argument est simple : la moindre blessure se traduit par une intervention difficile des secours, puisqu’il faut remonter la victime dans un milieu vertical et humide. Trois exigences en découlent, une bonne condition physique, un encadrement par une personne qui connaît le canyon, et un équipement individuel de protection aux normes de la pratique. La préfecture ajoute deux rappels, pas d’alcool avant la descente, et un contrôle du matériel avant de partir : un casque se change en moyenne au bout de cinq ans.

Le débit est l’autre variable. Il monte avec la fonte des neiges et les orages, et change d’un jour à l’autre. Une sortie se décide le matin, pas trois semaines à l’avance.

L’encadrement, une question de diplôme

Les sorties se font avec des guides, et ce n’est pas qu’une habitude commerciale. Le ministère des Sports rappelle que l’encadrement contre rémunération est réservé aux titulaires d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification enregistré au répertoire national des certifications professionnelles. Le canyonisme relève en plus des activités d’environnement spécifique, pour lesquelles seule la détention d’un diplôme autorise l’exercice : en pratique un DEJEPS mention canyonisme, ou un BPJEPS canoë-kayak dans la limite de ses conditions d’exercice.

Un particulier peut descendre un canyon sans guide. À Angon, c’est alors la charte, et non le code du sport, qui s’applique.

La charte d’accès au canyon d’Angon

Le canyon débouche dans un hameau habité, et cette proximité a des conséquences. Le Comité départemental de pilotage du canyonisme de Haute-Savoie et la mairie de Talloires ont signé le 5 juillet 2021 une charte de bonne conduite à l’attention de tous les pratiquants, individuels, clubs et professionnels. Elle tient en quelques lignes : stationnement sur le parking prévu à cet effet, chez Carle, traversée discrète du hameau, et accès encouragé à pied, en covoiturage, en bus ou en navette lacustre. Les groupes sont plafonnés à dix personnes plus le guide, les horaires de pratique sont préconisés de 8h30 à 17h30, et les jours de forte affluence la charte demande de privilégier un autre site. Le respect de la flore, de la faune et du niveau sonore figure dans le texte.

Une réserve en voisine, et une route fermée

La réserve naturelle du Roc de Chère, créée en 1977 et gérée par le Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie, occupe le plateau au-dessus du lac, entre Talloires et Menthon. Elle englobe une partie du golf de Talloires et borde les sites de descente. Sa réglementation interdit camping et bivouac, feux, déchets, véhicules motorisés et cueillette de végétaux, demande de rester sur les sentiers et impose de tenir les chiens en laisse du 15 avril au 30 juin.

Pour la fin de saison 2026, rappelez-vous que la RD 909 A, qui longe le lac au pied du hameau d’Angon, est fermée entre les Balmettes, la Glière et Angon du 14 septembre au 18 décembre, pour des travaux de sécurisation contre les chutes de blocs : le SILA annonce la coupure de la route comme de la voie verte sur un kilomètre.

Quand descendre

Les canyons du lac se pratiquent de la fin du printemps au début de l’automne, quand le débit le permet. L’agence touristique départementale annonce le site d’Angon ouvert tous les jours du 1er juin au 1er octobre 2026, ce qui place la fermeture de la route sur les dernières semaines de la saison.

Pour la randonnée, l’accès à la chute se fait par trois sentiers balisés, décrits dans notre page sur la cascade d’Angon. Ceux qui préfèrent la verticalité sèche ont les sentiers du mont Veyrier et du Semnoz, et ceux qui veulent comprendre le massif au-dessus des canyons peuvent lire ce que la Tournette a de particulier. Les premières fois se réservent en initiation auprès de l’office de tourisme, équipement fourni, avec un âge minimum qui dépend du canyon.

Les informations de cette page ont été relevées le 4 octobre 2026 sur la fiche canyoning de l’office de tourisme du lac d’Annecy, les fiches du comité départemental du tourisme, la page de la préfecture de la Haute-Savoie, la fiche encadrement du ministère des Sports, la charte d’accès du canyon d’Angon et les informations du Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie.

Pour continuer

À lire aussi