Les bonbonnes de protoxyde d'azote explosent dans l'usine d'incinération de Chavanod
Une explosion par jour et par ligne de production. C’est le rythme relevé à l’usine Sinergie de Chavanod, où arrivent, mêlées aux ordures ménagères, des cartouches et des bonbonnes de protoxyde d’azote encore partiellement remplies. Le Dauphiné libéré a décrit le phénomène lundi 2 novembre. Le Sila, syndicat mixte du lac d’Annecy qui gère l’équipement, et le Grand Annecy alertent sur ces dépôts.
100 000 euros de réparations en 2025
Les détonations abîment les planchers de grilles des fours et polluent les mâchefers, ces résidus solides de combustion. Elles peuvent aussi provoquer des arrêts de production et perturber la fourniture d’électricité comme l’alimentation du réseau de chaleur urbain. Aucun blessé n’a été signalé, mais les agents qui surveillent les fours travaillent à proximité de ces départs. L’addition 2025 s’élève à 100 000 euros de réparations.
L’exploitant Idex écarte pour l’instant un arrêt complet de la chaîne. L’usine absorbe les déchets de près de 90 communes.
1 737 flacons ramassés dans les rues d’Annecy
Le problème commence avant le four. Comprimées dans les bennes de collecte, les bouteilles peuvent exploser pendant la tournée. Sur la voie publique, les agents de propreté urbaine d’Annecy ont ramassé 1 737 flacons vides en 2025, dans les rues comme dans les corbeilles.
Abandonner une bouteille sur le trottoir coûte 135 euros d’amende forfaitaire.
Ni poubelle, ni bac jaune, ni corbeille
Les cartouches et les bonbonnes ne doivent aller ni dans les ordures ménagères, ni dans le bac de tri, ni dans les corbeilles de propreté. Le Grand Annecy rappelle ce qui ne monte pas dans le camion. Le dépôt se fait en déchetterie, où les contenants rejoignent une filière de dégazage. Le traitement coûte 5 000 euros la tonne, soit entre 7 et 17 euros par bonbonne.
Les déchèteries du Grand Annecy reçoivent ces dépôts et détaillent ce qui est accepté.
La vente aux particuliers interdite en février 2027
La loi Ripost, promulguée le 18 août 2026, encadre déjà la détention et le transport des moyennes et grosses bouteilles, ainsi que de plus de dix petites cartouches. À partir du 1er février 2027, l’interdiction couvrira tout conditionnement, y compris la cession et la vente aux particuliers.
D’ici là, un arrêté municipal de 2024 encadre la détention et la consommation de protoxyde d’azote aux abords des écoles, dans les parcs, les zones piétonnes et les parkings d’Annecy, à des horaires ciblés.
Le gaz reste autorisé pour un usage médical ou culinaire. Son détournement récréatif expose à des atteintes neurologiques parfois irréversibles.