Bilan des manifestations du 17 octobre à Annecy
Le rassemblement annécien du 17 octobre a réuni 4 000 personnes, selon le décompte de la préfecture de Haute-Savoie, et le cortège a pu aller à son terme. Le bilan de la journée s’est précisé au fil du week-end : un policier blessé, quatre interpellations, et trois personnes placées en garde à vue le lendemain, sur fond de dégâts dans le centre-ville.
Le décompte de la préfecture
La préfecture de Haute-Savoie a confirmé 4 000 participants à la manifestation déclarée d’Annecy. Le suivi du Dauphiné libéré note qu’ils étaient près de 2 000 au départ du cortège, à 14 heures, avant que le nombre grossisse jusqu’à 4 000 au plus fort de l’après-midi. Lycéens, agriculteurs, retraités et jeunes parents s’y sont mêlés, comme l’avait annoncé l’appel lancé la veille.
Dans un message publié dimanche, le préfet de Haute-Savoie Jérôme Bonet remercie les policiers et les gendarmes, salue leur professionnalisme et annonce le bilan du week-end : un blessé dans les rangs de la police, quatre interpellations, et une vigilance maintenue sur Annecy comme sur le reste du département.
Un centre-ville dégradé
Les dégâts se sont concentrés autour du palais de justice et de la rue Louis Revon. Au lendemain des faits, Le Dauphiné libéré décrit des abribus détruits, du mobilier urbain incendié, la vitrine d’un magasin de vêtements de luxe vandalisée, des tirs de mortier et des départs de feu devant le tribunal judiciaire. La voiture de la police municipale d’Annecy a été caillassée.
Le déroulé de la journée, dans notre récit des événements, signalait déjà des poubelles incendiées devant le tribunal et des feux allumés dans le quartier des Teppes. Les forces de l’ordre ont repris le contrôle de la place en soirée, et les pompiers sont alors intervenus.
Quatre interpellations et trois gardes à vue
La préfecture comptait deux interpellations à la fin de l’après-midi, portées à quatre le lendemain. Trois personnes ont été placées en garde à vue dimanche.
La procureure Bonnet ne mâche pas ses mots, citée par le quotidien régional. « Il y avait clairement une volonté d’en découdre avec les forces de l’ordre. Ce sont les institutions qui sont prises pour cible », déclare-t-elle, en évoquant « la tension et la peur du personnel qui travaillait au sein du tribunal judiciaire » pendant les tirs de mortiers et le début d’incendie devant les marches du palais. La magistrate promet une « réponse pénale à la hauteur du phénomène ».
Une ville qui n’y était pas habituée
Le journal rapproche Annecy et Annemasse, deux agglomérations où domine la stupeur au lendemain des débordements. Il cite des habitants « très inquiets par ce mouvement inédit dans sa forme, dans une ville qui avait été jusqu’alors préservée ». Le même quotidien note que la Haute-Savoie n’a pas connu d’émeutes de grande ampleur, contrairement à Grenoble ou à Chambéry.
En Savoie voisine, la journée a en effet tourné à l’émeute urbaine dans le centre de Chambéry, avec les vitres des Galeries Lafayette cassées, un magasin Fnac pillé et la voie rapide urbaine bloquée dans les deux sens.
À Thonon, une marche non déclarée
Dans le reste du département, la préfecture a compté 300 personnes à Thonon. Les organisateurs, Attac et les syndicats CGT et FSU, en annoncent 400 à 500, rassemblés place des Arts en soutien à la jeunesse. La marche n’étant pas déclarée, les adultes présents ont improvisé le service d’ordre, rapporte Le Dauphiné libéré. Le cortège a traversé le centre-ville et atteint la sous-préfecture avant de rejoindre le rond-point de la place des Arts.
Un mouvement national
À l’échelle du pays, la mobilisation contre la vie chère a réuni entre 550 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et 800 000 selon les organisateurs et les syndicats. L’Intérieur compte 110 000 manifestants à Paris, où un participant est mort d’un arrêt cardiorespiratoire en marge du cortège. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé environ 1 800 interpellations dans la soirée, un bilan depuis alourdi à près de 2 400 par Le Dauphiné libéré. Plus de 500 policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés selon le ministère de l’Intérieur.
Aucune nouvelle mobilisation n’était annoncée à Annecy pour les jours à venir. La préfecture indique de son côté rester vigilante sur la suite.