Le lac d'Annecy baisse d'un centimètre par jour et approche de son plus bas niveau
Des bancs de sable blanc là où l’eau clapotait encore au début de l’été. Autour du lac d’Annecy, la baisse du niveau se voit désormais à l’œil nu, et elle se paie pour ceux qui vivent de l’eau.
Le premier chiffre vient de Céline Fournel, responsable d’exploitation de la Compagnie des Bateaux d’Annecy : le lac a perdu « 60, 70 centimètres » par rapport à la normale. Son bateau-restaurant, le Libellule, reste immobilisé à quai, faute de fond suffisant pour un tirant d’eau d’environ 40 centimètres. « Le chenal est rempli, toutes les places sont occupées, c’est un peu tristounet », résume-t-elle. Les loueurs de pédalos, eux, doivent pousser les bateaux environ 150 mètres plus loin depuis le 15 août.
Un centimètre par jour
Le président du Syndicat mixte du lac d’Annecy, Pierre Bruyère, donne la mesure du phénomène : « on perd à peu près un centimètre par jour ». La cote de référence en basses eaux se situe autour de 60 centimètres ; elle est aujourd’hui à 20 centimètres. « On est sur la tendance de 2018 », année où le niveau avait frôlé le zéro, au plus bas depuis 1947.
La sécheresse ne concerne pas que le lac. Après un été sec et un mois de septembre presque sans pluie, Annecy figure en alerte renforcée sur le site VigiEau, ce qui impose des restrictions à la consommation d’eau potable. Le lac alimente les réseaux de 34 communes, un approvisionnement qui n’est pas remis en question à ce stade. Aucune pluie n’est annoncée dans les prochains jours.
Ce que la baisse apporte aussi
Tout n’est pas négatif dans ce retrait. Roseaux et scirpes profitent des variations du niveau pour se régénérer, et la faune des berges y trouve son compte, observe Pierre Bruyère, qui y voit un marnage naturel. Encore faut-il que la descente s’arrête : c’est autour de la cote 60, selon lui, que les activités du lac s’exercent dans de bonnes conditions.